Aide-soignant : un rôle clé dans la prise en charge du patient

Qu'il s'agisse de Marie-Claude, forte de son expérience à l'Altir Metz ; d'Aurélie, pleine de fraîcheur à l'Altir Verdun ; ou bien, au siège Altir Vandoeuvre, du méticuleux Cédric, ou de Frédérique, affichant un naturel bienveillant, ... chacun d'entre eux lève le voile sur un métier passionnant : aide-soignant. Portraits croisés.

 

 

Quel a été votre cheminement avant d'arriver à l'Altir?

 

Marie-Claude (Metz, cf photo gauche) : J'ai commencé à travailler à 18 ans comme agent de service à l'hôpital St André de Metz. Par la suite, j'ai fait une demande de formation pour faire l'école d'aide-soignantes, il y a eu l'attente des financements, puis mes grossesses. Finalement ça a pu se faire en 2003. Une fois diplômée, j'ai travaillé quelques mois en chirurgie digestive avant d'intégrer le service de dialyse pendant 2 ans et demi. C'était un service très dur. J'ai alors postulé à l'Altir suite à une annonce de recrutement dans le journal.

Aurélie (Verdun) : Je suis arrivée à l'Altir directement après l'école, à 19 ans. Une fois mon bac pro secrétariat en poche, je n'ai pas trouvé de travail dans ma branche. Un ami à mes parents m'a alors parlé de l'Altir, car il savait qu'une opportunité se présentait avec l'ouverture du secteur médicalisé, j'ai alors postulé bien que je ne connaisse rien au milieu hospitalier.  C'est ainsi que je suis arrivée ici en 2005. J'avais alors pour collègue René, un infirmier soucieux de m'apprendre le métier. Grâce à lui, j'ai appris les bases du métier d'aide soignante mais il m'a expliqué aussi le fonctionnement du générateur. Chaque jour, il créait de fausses pannes pour m'initier...!

Cédric (Vandoeuvre, cf photo droite) : J'ai commencé à travailler à l'Altir fin 2004  quand j'étais encore étudiant, j'assurais quelques samedis et les remplacements de l'été. J'étais embauché comme agent de service, je servais les repas et faisais les lits. A l'époque, je me destinais à devenir infirmier, finalement les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Depuis trois ans, je travaille à temps complet en tant qu'aide soignant.

Frédérique (Vandoeuvre) : J'ai travaillé pour deux sociétés de ménage différentes. En 1993, par leurs intermédiaires, j'ai commencé par être envoyée sur le CHU. Puis, en 1997, je me suis occupée également de l'Altir. A l'époque, je venais chaque matin à 4 heures pour nettoyer les sols des bureaux, chambres, couloirs...avant que l'activité du jour ne démarre.  C'est en 2002 que j'ai eu l'opportunité d'être directement embauchée par l'Altir. Des travaux d'agrandissement des locaux avaient lieu au siège de Vandoeuvre, l'équipe des agents de service s'étoffait, je me suis manifestée et comme on me connaissait déjà, la cadre de santé a fait appel à moi. Une autre occasion s'est offerte à moi en 2007 quand on m'a proposé le poste d'agent de soins, j'ai accepté tout de suite, cela m'ouvrait d'autres horizons.

Quel est votre quotidien à l'Altir ?

Marie-Claude (Metz) : L'essentiel de mon travail tourne autour du patient. je l'accueille et je le prépare pour qu'il puisse recevoir les soins. Je m'assure qu'il soit confortablement installé pour sa dialyse, je sers les collations, les repas...J'ai aussi un rôle d'assistance auprès de l'infirmière, je l'aide dans la préparation des générateurs, dans les branchements en dialyse. Il y a aussi un aspect logistique qui me revient : les commandes de repas, la préparation du matériel pour les dialyses des jours suivants, l'évacuation des DASRI, le remplissage des armoires, l'entretien de certains matériels...

Aurélie ( Verdun, cf photo gauche) : Le patient est le centre de mes préoccupations avec tout ce qui gravite autour : les repas, la logistique des commandes ... et bien entendu, il y a aussi l'assistance auprès des infirmières dans les soins. Je suis revenue au centre de Verdun cet été après avoir passé une année à l'école d'aide soignants. C'est l'Altir qui m'a proposé cette formation et me voici diplômée. Aujourd'hui, je me sens reconnue et valorisée dans mon travail. L'école m'a énormément appris. J'ai adoré les stages, surtout ceux en réanimation et aux urgences. Maintenant que je peux comparer, je mesure mieux les aspects de la maladie chronique, surtout les effets néfastes sur le moral des patients. La présence constante de la maladie les use et les rend parfois exigeants et agressifs. Mais je suis heureuse de les retrouver ainsi que mes collègues. En un an, les choses ont évolué, le nombre de patients a augmenté et nous travaillons maintenant en collaboration avec les infirmiers de l'hôpital de Verdun, cela est aussi très riche.

Cédric (Vandoeuvre) : Comme mes collègues, je centraliserai mon rôle dans l'accueil et l'installation du patient et ensuite, tout ce qui gravite autour. Depuis peu, j'ai été sollicité pour intervenir à l'école d'aide soignants et y donner des cours. Pour la première fois, le mois dernier, des stagiaires étudiants aide soignants sont venus en stage à l'Altir, j'ai pu m'investir dans leur intégration et leur encadrement, cela m'a énormément plu. Il me reste maintenant à formaliser tout ce travail qui a été fourni pour le valoriser.

Frédérique (Vandoeuvre, cf photo droite) : Mon travail est assimilé à celui d'une aide soignante (accueil et installation du patient, prise de paramètres, mise sur le plat bassin...) je suis aussi amenée à aider l'infirmière lors d'un piquage difficile par exemple où je peux, par ma présence, accompagner le patient, lui donner la main... J'effectue également des soins de nursing comme le lavage de main, le nettoyage des ongles... Quand le patient va en consultation, je peux le préparer, faire l'évaluation de sa douleur...D'ailleurs, je remarque souvent que les gens me parlent facilement, vont se confier, expliquer où ils souffrent, ce qu'ils ressentent ...plus facilement en tous cas qu'auprès de l'infirmière et encore moins du médecin. Je fais aussi partie de la cellule qualité, c'est une autre approche du soin et c'est intéressant.

Qu'appréciez vous particulièrement dans votre métier ?

Marie-Claude (Metz) : J'ai retrouvé ici le côté humain qui me plait. Quand j'étais en dialyse aigüe, j'avais la sensation d'être devenue une automate, nous manquions de personnel et j'enchaînais les actes techniques. Les patients étaient lourds, il y avait régulièrement des décès, je rentrais chez moi complètement vidée. Ici je me sens bien, il y a beaucoup d'échanges avec les patients, on se connait bien, c'est très enrichissant humainement. J'ai récupéré un bon mental et l'énergie nécessaire pour donner le meilleur de moi.

Aurélie (Verdun) : Si, en premier lieu,  j'adore l'approche privilégiée que l'on peut avoir avec les patients, j'aime aussi énormément l'aspect technique que l'on trouve dans le soin en dialyse. A l'école d'aide soignants,  la dialyse est tout juste évoquée, j'ai été fière de pouvoir présenter un dossier sur le sujet. J'ai même reçu les félicitations de ma formatrice qui avait travaillé en dialyse sur Reims.

Cédric (Vandoeuvre, cf photo gauche) : Ce que j'apprécie le plus, c'est le contact avec les patients, d'autant que nous les voyons tous les deux jours, on se connait bien ! En travaillant ici, on a l'opportunité de prendre le temps de parler, de s'arrêter quelques minutes pour discuter, échanger et ça, c'est royal. Il y a aussi des côtés plus rébarbatifs, je pense particulièrement aux préparations de matériels, qui, à mon sens, n'apportent rien à l'organisation, aucun gain de temps...Mais il va être possible d'en discuter prochainement en réunion, d'argumenter...

Frédérique (Vandoeuvre) : J'aime tout, vraiment tout, j'adore ce que je fais. De plus, mes horaires de travail me permettent d'aménager facilement ma vie personnelle. Le seul bémol serait peut être que certains patients deviennent exigeants, individualistes, agressifs...Certains se croient persécutés, quand on leur fait des remarques ou qu'on leur donne des conseils par rapport à leur régime, les apports hydriques par exemple, ils ne comprennent pas que nous sommes là en amis et nous ne cherchons  qu'à les aider.  Mais au final, cela ne concerne pas la majorité des cas, heureusement....

Et dans l'équipe ?

Marie-Claude (Metz) : Je me sens parfaitement intégrée, que ce soit avec les infirmières ou les médecins. Nous faisons un travail complémentaire et savons rester chacun à notre place. Nous fonctionnons sur la confiance et c'est valorisant de sentir son travail respecté.

Aurélie (photo gauche avec ses collègues) : J'ai la chance d'être dans une petite équipe, donc c'est très facile de trouver sa place. Avec les infirmières, on s'entend bien, notre travail est complémentaire. Les médecins aussi sont à l'écoute, ils prennent toujours en compte les informations que je leur apporte. J'ai aussi de bons rapports avec le service technique et la pharmacie. C'est vrai que je suis la seule à être à temps plein  sur l'Altir Verdun, donc j'ai un peu une position de "référente" aux yeux des autres.

Cédric (Vandoeuvre) : Je m'y sens bien, complétement intégré. J'ai bien conscience que depuis mon embauche, le rôle de l'aide soignant à l'Altir a beaucoup évolué, les attentes ne sont plus les mêmes qu'auparavant quand les infirmières ne voyaient en nous qu'une assistance sur les générateurs  de dialyse. Notre place est aujourd'hui pour et auprès du patient, les états d'esprit changent et c'est un bien.

Frédérique (Vandoeuvre) : Je m'y sens très bien, que ce soit avec mes collègues, les médecins, les secrétaires, le service pharmacie....Avec les infirmiers, c'est plus partagé, certains ne comprennent pas mon rôle, agent de soin n'est sans doute pas reconnu comme aide soignante, cela peut apporter certaines confusions.

Comment vous projetez vous dans l'avenir ?

Marie-Claude (Metz, photo d'équipe à droite) : Il y a un projet qui me taraude, c'est d'entrer à l'IFSI. Devenir infirmière, c'est à la fois un rêve mais c'est aussi quelque chose qui m'angoisse. ce sont surtout les études qui m'effraient : 3 années c'est long...et puis cette nouvelle version des études avec de l'anglais, de l'informatique me paralysent complétement. Ce serait pourtant le moment, mes enfants sont grands et l'Altir pourrait sans doute m'aider dans ce projet...Demain peut être...

Aurélie (Verdun) : Beaucoup de choses pour moi l'an passé : l'école, l'achat d'une maison que je rénove avec mon compagnon... Je me plais à l'Altir et je viens tout juste d'y revenir, alors je me pose un peu. Je ne sais pas si je ferai l'IFSI un jour. J'ai  conscience que l'aide soignante est plus proche des patients que ne peut l'être l'infirmière et ça, je ne veux pas le perdre !

Cédric (Vandoeuvre) : Professionnellement, je pense qu'il faut songer à me tourner à nouveau vers l'IFSI, ça me semble évident. Le côté enseignement me passionne aussi beaucoup, j'ai même eu l'opportunité il y a deux mois de faire partie d'un jury pour une VAE, j'ai beaucoup aimé...Plusieurs idées et plusieurs portes sont donc ouvertes...Actuellement, c'est vrai que je me sens bien, à ma place. Mais le projet qui me tient le plus à coeur serait de fonder une famille...la vie quoi!

Frédérique (Vandoeuvre, cf photo gauche) : Je prépare actuellement une VAE. J'ai eu un avis favorable suite au dépôt du premier livret, maintenant, il me faut compléter le livret 2 qui concernent les 8 modules que je dois valider, si ce n'est pas le cas, il faudra alors que j'intègre l'école d'aide soignantes pour compléter la formation. C'est assez dur pour moi de préparer ce dossier, je ne suis pas très à l'aise pour rédiger, heureusement j'ai de l'aide auprès de la cadre de santé et d'une infirmière qui me secondent bien. Je souhaite bien présenter mon dossier, bien écrire et faire de jolies phrases, je veux qu'à la lecture, le jury puisse se dire " Comme ça doit être bien l'Altir!"