Technicien de dialyse, un métier à découvrir...

450 patients, 13 centres Altir, une centaine de domiciles, un rayon de 5 départements, 13 traitements d'eau, 29 osmoseurs, un parc de 220 générateurs,  45 cycleurs,  sans compter la multitude de thermiseurs, chaise balances, tensiomètres....

Derrière cette avalanche de chiffres, une équipe de techniciens s'affaire. Chaque jour, ils prennent la route pour contrôler, installer, réparer, dépanner divers équipements utiles aux traitements de dialyse.  Par leurs actions, ils assistent les équipes soignantes, ainsi que les patients, et les aident quotidiennement à trouver des solutions à divers dysfonctionnements techniques. Pour appréhender leur mission, ils font preuve de patience, ingéniosité, calme et minutie. Technicien de dialyse, un métier à découvrir...

Lundi matin, 7 heures 30, rendez-vous est pris autour du café pour prendre les consignes et organiser, le travail de la journée, mais aussi le planning de la semaine. Jean-Marie, le responsable, vient de rassembler les informations utiles : fiches des interventions sur les pannes en cours,  demandes diverses émanant du logiciel informatique, relevé des messages laissés sur le répondeur......Il expose alors à son équipe tous les éléments à considérer : "Deux pannes sont à voir aujourd'hui, une sur Epinal, l'autre à Maxéville. Demain, quelqu'un doit se rendre sur Verdun voir ce problème d'amorçage sur un générateur.  Il faudra également retourner sur Sarrebourg. Dans la semaine, il faudra caser un moment pour la home choice qui est en panne de batterie....." Défilent ensuite plusieurs dossiers en cours : les futures installations de patients qui auront leur traitement à domicile et dont il faut prévoir les équipements ; les réunions de chantier des sites altir où des travaux sont en cours ;  le prochain congrès de Perpignan ; la réunion CLIN du lendemain ; un retour est fait sur le dernier test du groupe électrogène...

Peu à peu, la journée s'articule. Fabien et Marie Aude vont se rendre à Maxéville, le centre est important et il n'est pas rare que des interventions inattendues se présentent... Alexandre se rendra à Epinal, il en profitera pour reprendre le générateur de Julie qui a déménagé et ne dialyse plus en Lorraine.  Quant à Jean Marie, il se rendra à Metz avec Luc pour réceptionner les lits électriques qui doivent être livrés dans le nouvel hôpital où il est prévu que nous emménagions prochainement.

Mais les départs ne s'effectueront qu'après 9 heures. "On préfère attendre que les premiers branchements soient effectués, c'est souvent à ce moment que l'on enregistre les premières pannes de la journée, alors en fonction des appels, il peut être encore temps de revoir notre organisation de la journée.". Avant de quitter le siège, chacun s'active dans l'atelier, un thermiseur est testé, un générateur d'hémodialyse tourne à vide en simulation de dialyse, les coffres des voitures se remplissent de matériels...tandis que les responsables d'autres services défilent "Je viens de réceptionner un mail , il y aurait besoin d'un surpresseur dans le traitement d'eau du nouveau centre de Metz", annonce Manu, le pharmacien. "Pour la nouvelle salle de dialyse de Bar le Duc, il serait bon de savoir ce que l'on peut trouver derrière chaque prise" s'inquiète Olivier, l'informaticien, pour l'installation de ses ordinateurs....

Vers 9h40, les véhicules sont prêts, chacun rejoint son lieu d'activité. Et la journée va défiler avec son lot de surprises. Sur Metz, la réception des lits se fera sans encombre. A Maxéville, pas moins de trois générateurs, ont été écartés du circuit pour des pannes diverses. Le matériel apporté sur place suffira-t-il à répondre à ces nouveaux besoins ? C'est sur Epinal qu'Alexandre aura du fil à retordre. Il passera la journée à rechercher la panne. "Conductivité instable, le générateur alarme après 3h30 de dialyse, impossible de vidanger cartouche de bicarbonate" sont les éléments fournis par l'infirmière.  Le générateur incriminé mis à nu, est alors passé au crible : Montée en pression, calibrage, changement de cellule, de filtres, de tuyaux  ... Après quelques heures, les courbes continuent d'osciller, pas moyen d'en sortir. Alexandre s'oriente vers la pompe qui aspire le concentré d'acide....il prend conseil auprès de Fabien, il inverse les cellules, recalibre....et les valeurs....empirent. "Journée poisse" confie-t-il à Mickaël, l'infirmier du centre d'Epinal, cela en répondant aux appels téléphoniques de Verdun, où une pompe à sang ne tourne pas, et de Metz où un générateur présente un écran noir. "Je suis d'astreinte, précise-t-il à Mickaël, et c'est la chkoumoune...!" Mais Alexandre sait garder le sourire.

En parallèle, pour chaque intervention, une révision complète est effectuée sur le générateur : joints graissés, filtres changés, contrôle de la vétusté de certaines pièces.....Le passage d'un technicien dans un centre enclenche également un contrôle du traitement d'eau : détection de fuite d'eau, niveau des bacs à sel, liquide du testomat suffisant, connecteurs de l'osmoseur fonctionnels, présence de matériel de dépannage (pipette, tournevis...) "Ici, c'est le coeur de la dialyse, une vigilance toute particulière doit être observée. Pas de traitement d'eau, pas de dialyse possible, et en cas de panne, c'est le rapatriement de tout un centre !"...Chaque action réalisée au traitement d'eau est tracée sur un cahier de suivi avec un relevé du nombre d'heures de fonctionnement de l'osmoseur. Quant aux machines, elles sont répertoriées, selon leur numéro de série, dans un logiciel spécifique qui suit l'historique de chaque action, ainsi que leur lieu et leur attribution.

La journée s'achève. C'est toujours la panne sèche à Epinal, il faudra envisager le retour du générateur dans l'atelier. Au retour, petit débrifing entre collègues, on échange sur les événements de la journée. Le générateur d'Epinal reste au coeur des conversations. Cela reste l'énigme à résoudre. Par chance, la situation devient moins urgente, la patiente qui dialyse habituellement sur ce générateur vient d'être appelée en greffe aujourd'hui même. ... Et ça, c'est sans doute la meilleure nouvelle de la journée !